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American Psycho - Bret Easton Ellis

21 Janvier 2012 , Rédigé par Antoine Minjoulat-Rey Publié dans #Divers

Bonjour,

 

Nous allons aujourd'hui nous plonger dans l'univers très noir de l'auteur américain Bret Easton Ellis avec son best-seller American Psycho.

 

I. Qui est Bret Easton Ellis ?

Bret Easton Ellis est un auteur américain contemporain à succès mais qui reste controversé au vu des sujets traités dans ses livres : sexe, violence, drogue, argent. Des sujets complexes à saisir et surtout difficiles à traduire en mots, et pourtant Bret Easton Ellis sait clairement le réaliser, peut être trop clairement. Pour de plus amples informations, je vous invite à aller visiter son site web : http://www.randomhouse.com/kvpa/eastonellis/#/author-bio

 

II. American Psycho

Oui, il est fort probable que vous ayez déjà entendu parler d’American Psycho, sans jamais avoir entendu le nom de Bret Easton Ellis. Un film a en effet été adapté en 2000 par la réalisatrice Mary Harron avec l’acteur Christian Bale. Voici le trailer du film :

 http://www.cinemovies.fr/bande-annonce-3217-25612.html 

Les avis sur le film sont plutôt mitigés comme vous pouvez le constater sur allociné.

 

III. Résumé


L’histoire se déroule dans le New York des années 80, et plus particulièrement dans la sphère aisée de la finance. Le protagoniste principal, Patrick Bateman, est beau, riche, et prend extrêmement soin de lui : salle de musculation, produits de beauté, manucure, sauna etc… Ce jeune homme de 27 ans a tout pour lui, et il le sait. Il ne cesse de manger dans les restaurants les plus huppés de New York, de sortir avec des femmes toutes plus belles les unes que les autres, de fréquenter les bars branchés. Bref, le véritable American Dream !

Seulement voilà, Patrick a un problème, il est psychopathe : il ne ressent pas d’émotions et prend même plaisir à tuer, à faire souffrir les êtres humains comme les animaux. Cette particularité de Monsieur Bateman, le lecteur ne la découvre qu’au fil des pages, l’auteur révélant peu à peu sa véritable nature. Tout d’abord, ce sont des allusions qui nous font réfléchir, puis ce sont des faits brièvement relatés, puis, enfin, ce sont les scènes décrites avec une telle violence, un tel manque de pudeur que le lecteur est choqué. J’ai eu du mal à suivre toutes les descriptions, ce livre est parfois tout simplement insupportable.

 

Ainsi, le premier meurtre n’est commis qu’après 130 pages (dans la version du livre que j’ai, bien entendu) au cours du chapitre intitulé « Tuesday »… soit très tard dans l’histoire. Et la scène n’est décrite que de façon rapide et « détachée » : le lecteur n’est pas (encore) plongé dans l’horreur des détails.

A partir de ce passage, les choses s’accélèrent. L’excellent chapitre « A glimpse of a thurday afternoon » nous montre une nouvelle face de Bateman : un Bateman qui craque, un Bateman impuissant, un Bateman qui a peur, et surtout un Bateman drogué aux médicaments (auparavant on comprend qu’il est drogué à la cocaïne et qu’il boit…un peu trop).

 

Le chapitre « Killing Dog » est encore plus fort: la description dans le désordre des objets de Bateman nous rend à notre tour psychopathe. Le lecteur ne peut plus faire la différence entre des couteaux, des chemises Armani, des pistolets ou encore un attaché-case de 3200$ de Louis Vuitton. Pour Bateman, tous ces objets sont identiques et se doivent d’être tous parfaits, la beauté prime sur leur utilité, et surtout sur leur justification morale. Terrifiant ! 

 

Ensuite vient le chapitre « Lunch with Bethany », où le lecteur (et donc moi en particulier) passe par trois stades : au tout début on a peur : est ce que Bateman va encore frapper ? Que va-t-il se passer au cours de ce dîner? Ensuite, paradoxalement, de la pitié s’installe pour ce pauvre Bateman, il est si seul, il est si perdu. Enfin, le dégoût, la haine même, fait son apparition quand Bateman décide de tuer. Pourquoi tant de détails ? L’auteur prend-il plaisir à faire souffrir le lecteur ? Certainement ! L’envie de fermer le live est forte, mais la curiosité l’étant encore plus, le lecteur ne peut détacher ses yeux de ces lignes ensanglantées jusqu’à l’aboutissement du crime. Le pari de Bret Easton Ellis est gagné : tel un boxeur, le lecteur groggy continuera le récit, en cherchant à y trouver une quelconque justice. Justice qui n’arrivera d’ailleurs… jamais.

 

 

American-Psycho.jpg

 

 

Pour moi, le summum de l’horreur est atteint au cours du chapitre « Killing child at Zoo ». Les détails ne sont heureusement pas trop présents, mais le manque d’humanité de Bateman est stupéfiant. Lorsque Bateman s’agenouille aux côtés de l’enfant qu’il vient de poignarder en tant que « médecin » uniquement dans le but de le voir agoniser, le lecteur ne peut plus comprendre un tel comportement. Le lecteur est perdu, il ne sait plus différencier le bien et le mal. Et surtout le lecteur se demande s’il est possible qu’une telle chose se produise demain… Existe-il réellement de tels individus sur notre planète ? Je vous joins une passage afin de mieux comprendre dans quel calvaire le lecteur est plongé : « Though I am satisfied at first by my actions (ndlr : killing the child), I’m suddenly jolted with a mournful despair at how useless, how extraordinarly painless, it is to take a child’life. This thing before me, small and twisted and bloody, has no real history, no worthwile past, nothing is really lost ».

 

La police surprend (enfin !) Bateman après un meurtre au milieu de New York dans le chapitre « Chase, Manhattan ». Après une folle course-poursuite, digne du meilleur des James Bond, Bateman réussit à s’en tirer. Comment ? Le lecteur ne le saura jamais…  L’argent ou le pouvoir probablement…

 

Bret Easton Ellis a cherché à faire ce récit au plus proche de la réalité, et ça marche ! L’accumulation des détails, notamment les longues descriptions vestimentaires ou culinaires, la répétition de certains faits, tel que les publicités pour la comédie musicale « Les Misérables », plonge totalement le lecteur dans ce New York des années 80. Heureusement que ce livre n’est que pure fiction, il fait vraiment peur.

 

IV. Avis personnel

Comme vous l’aurez compris en lisant ce résumé, ce récit m’a grandement choqué. Non seulement de part le terrible réalisme mais surtout de part le manque de justice, un tel homme devrait être arrêté immédiatement, même si on est en pleine fiction.

 

En tout cas, ce livre est clairement à lire. Je ne peux pas dire que ce soit une partie de plaisir, les nombreuses descriptions cassent le récit, certaines scènes sont littéralement à vomir, mais l’ensemble est parfaitement écrit. Le rythme du récrit est rapide et vif (exception faite des descriptions), le lecteur ne s’ennui jamais. Un régal.  Je ne peux que vous pousser à le lire… Et à vous accrocher ! Pour ma part, je commence Luna Park, du même auteur… j’en frissonne déjà de plaisir… et de peur !

A bientôt,

Antonie

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snore stop 17/03/2014 11:07

American Psycho is one of the best sellers of all time and it is one of my personal favorites too! It is of my beloved genre at its best. I am so happy to find a review shared here about it.