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La petite tailleuse chinoise - Dai Sijie

6 Décembre 2011 , Rédigé par Antoine Minjoulat-Rey Publié dans #Divers

 Bonjour ! 

Le récit "La petite tailleuse chinoise" témoigne de façon romancée des persécutions contre les intellectuels en Chine déclenchées par Mao Zedong à la fin des années 60. Dai Sijie est un écrivain et réalisateur chinois, lui même envoyé trois ans en camp de rééducation en 1971.

 http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/0/8/9782070416806.jpg

 

Le jeune narrateur et son meilleur ami, Luo, se font envoyer en camp de rééducation  en 1968 sous le règne du président Mao Zedong parce qu’ils sont considérés comme « intellectuels ». A cette époque, « intellectuel » signifiait seulement que ces deux jeunes garçons étaient capables de lire et écrire. Par ailleurs leurs parents sont considérés comme ennemis du peuple ; leur chance de sortir du camp est donc très faible. Etre envoyé en camp de rééducation signifie être envoyé dans un village perdu au milieu de la montagne du Phénix du Ciel afin d’aider les paysans.

 

Le premier chapitre sert de présentation aux protagonistes principaux, aux jeunes héros bien sûr, mais également à la petite tailleuse chinoise, la plus jolie fille de la montagne du Phénix du Ciel. Nos deux héros se lient rapidement d’amitié avec celle-ci et Luo ne rêve plus que d’une chose : l’instruire afin de l’aimer.

On fait également la connaissance d’un ami des deux jeunes gens, le binoclard. C’est un jeune garçon venant du même village envoyé lui aussi en rééducation. Le chef du village est décrit comme une brute mais une brute humaine et curieuse. C’est sûrement pour cela qu’il s’intéresse au talent de Luo à raconter des histoires et permet à nos deux héros de visionner des films dans la ville voisine.


Les descriptions de paysage son incroyablement bien faites, nous laissant rêver de cette jeune chine, sauvage, inhabitée, dangereuse. La montagne du Phénix du Ciel ne peut que nous attirer malgré son climat antipathique et son manque évident de civilisation.    

 

Un jour le narrateur découvrit le fabuleux et dangereux secret du binoclard : il possède des livres. Rappelons ici qu’en 1968 tous les livres étaient interdits mis à part le Petit Livre Rouge du président Mao. Pour nos deux héros ces livres représentaient cependant la liberté. Afin de pouvoir profiter de ce trésor, le narrateur et son ami se voient obliger de rendre service au binoclard. Celui-ci leur livrera en retour un livre de Balzac, quel bonheur pour nos héros ! Quelle délivrance, quelle joie ! Ils se sentent revivre ! Grâce à ce premier livre, ils commencèrent (enfin) à instruire la petite tailleuse à la littérature européenne.


Bien vite ce seul trésor ne leur suffit plus, ils veulent plus de livres. Apprenant le départ imminent du binoclard, ils décidèrent de mener un casse afin de lui voler tous ses livres. Ils réussirent ainsi à obtenir de nombreux livres, des Balzac, des Dumas, Tolstoï et bien d’autres encore. Leur rééducation pris une nouvelle tournure, plus humaine, plus attrayante, et malgré leur isolement, ils commencèrent à découvrir les plaisirs charnels, l’Europe, l’amour et l’amitié ; mais aussi la jalousie, cette jalousie que découvre notre héro envers son meilleur ami…


 

La petite tailleuse et Luo passèrent de nombreuses heures à lire, à faire l’amour, à se baigner, à profiter de la vie. Le narrateur n’en est pas en reste, il profite de chaque page, de chaque histoire, il se fait de nouveaux amis, et aime raconter ces histoires à qui veut bien l’entendre. Ses nouveaux amis le soutiennent toujours, ils sont là pour lui.

Luo appris un jour que sa mère était souffrante et qu’il avait la permission de rentrer chez lui pour une période d’un mois. Au cours de ce mois il confia la garde de la petite tailleuse à son meilleur ami, qui respecta sa parole, et qui s’attacha (évidemment) de plus en plus à elle. Lors du retour de Luo, elle était là, à l’attendre, et à l’aimer.


 

Le départ de cette dernière n’en a été que plus brutale et plus douloureux… C’est son père, le tailleur, qui un jour, leur appris la nouvelle. Courant sur les sentiers de la montagne du phénix du ciel, ils la rejoignirent, et lui demandèrent pourquoi ? « Balzac a dit que la beauté était un trésor inestimable… » Alors que Luo pensait la garder à tout jamais pour lui grâce à l’éducation, cette dernière préféra s’en aller en ville, afin de découvrir la civilisation, et une nouvelle vie.

Nos deux héros furent tellement déçus et tristes qu’ils brûlèrent tous leurs livres…et personne ne sait s’ils réussirent à s’en aller de cette montagne…  

 

Des descriptions à faire rêver, un contexte historique peu exploité par les auteurs européens, de l’amour, de l’amitié ; tous les ingrédients sont là pour faire de ce livre un grand livre. Comment ne pas l’apprécier ? Seule la fin ne m’a pas pleinement satisfaite, mais en même temps, ça a été une dure leçon de vie : les condamnés ne peuvent que très rarement échapper à leur destin…alors que les jolies filles peuvent profiter d’une belle et heureuse vie !

Antoine

 

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anonyme 16/11/2013 16:21

tu te trompe sur la date de leurs reeducation c en 1971 qu'il arrive a la montagne il le dit a la page 14 du livre "ce fut au début de l'année 1971 que nous arrivâmes dans cette maison sur pilotis"
la date 1968 et le début du concept de la reeducation