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Sexe, drogue et économie - A. Delaigue & S. Ménia (Partie 2)

15 Novembre 2009 , Rédigé par Antoine Minjoulat-Rey Publié dans #Economie

Bonjour tout le monde,

Avec un peu de retard voici la suite du résumé du livre de A. Delaigue et S. Ménia (créateurs du blog éconoclaste). Nous en étions à la partie 4:

Partie 4 : Se faire expulser de Davos (ou de Porto Alegre)


13. L’UE est une affaire mal engagée

Une des stars de l’actualité politico-économique est sans doute l’Union Européenne (U.E). Pourtant l’unification peine à se réaliser, les membres se querellent à chaque occasion, pourquoi ? Dans ce chapitre les auteurs présentent différentes théories économiques expliquant pourquoi les pays deviennent de plus en plus petits, ainsi que comment les moyens de télécommunication sont liés avec la mondialisation.


14. L’OMC, le FMI et la banque mondiale ne servent à rien.

L’U.E est certes un mastodonte de l’actualité mais l’OMC, le FMI et le banque mondiale sont eux aussi des stars. L’action de ces derniers est de plus en plus contestée par de nombreux économistes (notamment par P. Krugman), en effet on peut se demander à quoi sert aujourd’hui le G8 ? En terme décisionnel, rien. Il en va de même pour l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Je tiens ici à écrire un raisonnement qui je pense est à retenir : le libre échange profite aux pays qui ouvrent leurs frontières (Prenons l’exemple d’une matière première : le lait (pour suivre l’actualité)). Chaque consommateur de lait paye un prix au supermarché, dans le cas de la France, ce lait provient de nos fermiers. Peut-être que le lait allemand est moins cher et de toute aussi bonne qualité. La différence de prix entre le lait produit en France et le lait non importé allemand est payée par chaque consommateur. Cette différence est infime, disons quelques centième de centimes pour un consommateur. Mais cette même différence pour les producteurs est énorme (car ils sont moins nombreux), par conséquent les producteurs ont intérêt à créer des syndicats pour essayer de défendre leur marché et de fermer les frontières. Le consommateur n’est pas intéressé par cette lutte (quelques cents par an), et laisse donc courir.) Le Fond Monétaire International FMI est un préteur aux pays en crise (par exemple les pays asiatiques lors de la crise des années 90), mais ces sous proviennent de…prêts !


15. Les maisons de disque et les laboratoires pharmaceutiques sont des petits malins

Intéressons-nous ici au piratage de la propriété d’autrui, plus précisément aux brevets des maisons de disque. Depuis l’avènement de l’ère internet ces dernières ne cessent de dire que le téléchargement provoque une chute des ventes des disques compacts (CD). Est-ce vrai ? Rien n’en est moins sur car :

  • la baisse des ventes de CD n’est peut être pas liée au téléchargement (pourquoi pas plutôt à l’évolution de la technologie ?)
  • 10% seulement des revenus des maisons disques proviennent de la vente des CDs, et 66% des concerts…

En pharmacie il existe des brevets pour forcer les entreprises pharmaceutiques à investir dans la R&D.  Contrairement à l’opinion publique les médicaments sont soumis à des lois sur les tarifs. Il a même été prévu qu'en cas de force majeure, un brevet peut être abandonné (par exemple pour une nouvelle forme de peste déclarée dans les rues de la capitale).


16. La corruption, c’est comme les impôts


Ce chapitre éclaire le lecteur sur la différence entre les impôts et la corruption. Le système n’est pas si différent… à la base. Pour rappel, la corruption « consiste à obtenir des avantages personnels par l’usage des pouvoir conférés par un statut public au détriment de la mission d’intérêt générale confiée. » Il est à noter qu’un extrait en PDF de chapitre est disponible sur le site de Delaige et Menia (http://econo.free.fr/livre/sdech16corruptionextrait.pdf)

 


Partie 5 : Rendre son psy complètement fou (ou encore plus qu’avant)


17. Le bonheur est une question économique

Les économistes n’ont pas pu s’empêcher de mener des études sur le bonheur. Nous découvrons ainsi dans ce chapitre des réponses aux questions suivantes : Comment mesurer le bonheur (c’est bien un truc d’économistes ca !), Quelle est donc son utilité ?, Qu’est ce qui influence le bonheur ? Pour répondre à cette question, qui est sans doute la plus intéressante, voici déjà deux éléments de réponses : la richesse, et surtout l’adaptation à la richesse. Sans surprise, on arrive à la conclusion que la croissance économique ne promet pas le bonheur mais qu'elle est un bon moyen d’y contribuer (baisse du chômage, hausse de la sécurité d’emploi, agumentation des revenus…)

18. Je vis dans une économie virtuelle

Depuis quelques temps des nouveaux styles de jeux sont apparus sur nos écrans : Second Life, World of Warcraft, jeux de stratégie en temps réel, MMORPG etc.… Ces jeux génèrent dorénavant une véritable économie, comme on peut le voir en Corée ou des tournois de jeux vidéo sont retransmis sur les chaînes nationales.  Des économistes ont démontré que certaines économies virtuelles (citons WoW, c'est-à-dire World Of Warcraft) dégagent un plus fort PIB que certains pays... Un commentaire?

 



19. Etre rationnel est humain

La première étape de ce chapitre est d’expliquer ce qu’est l’Homo Economicus, ou encore l’homme de Chicago (c'est-à-dire le sujet type propice aux recherches économiques).  Deux grandes théories s’opposent sur la rationalité de l'individu. Les économistes classiques se basent sur la rationalité de l'individu, alors que la neuroéconomie cherche à considérer les choix humains comme non rationnels.


20. Les gens sont des sages hystériques

Il est intéressant de chercher à comprendre les choix collectifs (comme nous l’avons vu dans l’ouvrage d’Edward Bernays, la psychologie des foules est une véritable discipline). On peut, par exemple, chercher à comprendre pourquoi le petit vieux vient toujours faire ses courses un samedi matin avec tous les clients. Ce chapitre décrit le phénomène des bulles financières, et leurs fonctionnements ; ainsi que le paradoxe des cascades informationnelles.

Partie 6 : Finir sa vie tout seul (ou avec un caniche)

21. La publicité n’est pas nuisible

« Dieu lui-même croit à la publicité : il a mis les cloches dans les églises » Aurélien Scholl. Les auteurs vont en premier lieu chercher à montrer l'utilité de la publicité: pour eux elle sert à altérer les choix, et à augmenter la valeur d’un bien au travers un processus informatif. Les effets de la publicité sont de deux grands types : création d’une barrière à l’entrée (dissuadant ainsi les entrants potentiels), et différentiation d’un bien. On peut appliquer le célèbre dilemme du prisonnier (théorie des jeux de Nash) à la publicité: les entreprises se livrent une véritable guerre alors que le gagnant n’est pas forcément celui qui dépense le plus. Enfin, la mission principale de la publicité est d’envoyer des signaux aux consommateurs (c'est à dire acheter mon produit pour telle ou telle raison)

 


22. Patrick Juvet connaît l’économie

Il existe une forte discrimination homme / femme dans l’économie et dans les organisations. On peut se demander pourquoi les femmes sont moins bien rémunérées en moyenne. Pour les économistes, ces différences proviennent du fait que 1) Les femmes ont une plus faible estime de soi (des études le démontrent), 2) Les femmes demandent moins (les salaires des hommes sont plus important car ils osent demander plus lors du premier entretien d’embauche), et 3) Les hommes sont plus intéressés par le pouvoir. On arrive à une situation où il y a de nombreux hommes incompétents mais qui se croient très bons..alors qu'un grand nombre de femmes très compétentes sont moins valorisées...

23. Les économistes ne votent pas (tous) à droite

L’opinion publique voit les économistes comme partisans du « grand capital », et donc de droite. Les sondages montrent pourtant que des économistes votent à gauche ; comment expliquer alors l’écart entre les croyances et la réalité ? L’étude de la science économique est de droite pour certains aspects (notamment la main invisible d’Adam Smith). Nous pouvons même caractériser l’approche économique comme souvent libérale. Il est important de comprendre que les modèles économiques ne tiennent pas compte des idéologies mais sont basés sur des hypothèses toujours vraies (comme en comptabilité, par exemple Débit = Crédit). Il y a dans ce chapitre l’explication de la courbe de Laffer : en demandant moins d’imposition aux revenus les plus riches, l’Etat maximiserait l’imposition.


24. Il faut indemniser les chauffeurs de taxi

Critère Hicks-Kaldor, késako ? « Toute solution dans laquelle il est possible de créer des gains collectifs en indemnisant les perdants doit être utilisée. » Le plus grand exemple est sans aucun-doute la mondialisation. Pour illustrer, penchons nous sur le cas des taxis parisiens. Ils sont limités par un quota régit par le syndicat des taxis, par conséquent il manque de taxis en région parisienne... mais les chauffeurs de taxis ne veulent pas une augmentation de leurs collègues car cela diminuerait leurs propres salaires. D’après le principe d’Hicks-Kaldor il faudrait dédommager les chauffeurs de taxi pour que la collectivité puisse profiter du nombre plus important de taxis.

Conclusion

Au travers de ces 280 pages nous avons appris en nous amusant (en tout ca c’est mon cas) notamment grâce à de nombreux exemples. Même si parfois on reste sur notre faim concernant certains thèmes, le but de l’ouvrage est de faire découvrir l’économie à tous, et surtout une économie dépoussiérée. Je conseille donc cet ouvrage à tous, et non pas seulement aux novices en économie. Savoir que les modèles économétriques ne servent pas uniquement à déterminer le β du MEDAF est plutôt rassurant !

Pour vous procurer ce livre, il suffit de rendre une petite visite à votre FNAC la plus proche, à Amazon ou encore plus simplement sur le site d'éconoclaste.

Antoine

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